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Cours d'introduction : (Re)penser les futurs


Ce cours d'introduction examine les principes de base de la prospective et les concepts et les mythes occidentaux de l'avenir. Il nous invite à (re)penser les futurs au-delà des habitudes de pensée et des canons occidentaux.


Durée : 3 parties de 1h30 heures chacune

 

Versions spécifiques à chaque contexte données à : 23.10.18 à Ponderosa, Brandenburg (DE)| 10.03.19 Virtual Viewpoints - cours en ligne de 12 semaines avec Deborah Black | 5-6.04.19 Human Living Center#2 à Inkonst, Malmö (SE) | 26 & 29.05.19 au Festival Butterflies & Camels à Communitism, Athens (GR) | Centre de compétences en durabilité (CCD), Université de Lausanne (CH), 28.04.21

 



Le cours s'articule en trois parties (env. 1h30) :


Le premier volet nous invite à développer notre vue d'ensemble et notre sens critique quant aux imaginaires populaires du futur.


La seconde partie vise à se familiariser avec les trois concepts de base du futur de la prospective moderne, leurs atouts et leurs lacunes.


La dernière partie invite à considérer une autre conception des futurs possibles, envisagés comme des processus "en devenir", comme le propose une récente orientation de la prospective contemporaine.




1. Développer un sens critique par rapport au imaginaires populaires du futur


La première partie du cours invite les participantes et participants à prendre du recul et à analyser leurs propres images de l'avenir.


Pour commencer, j'invite les participant-e-s à noter pour eux-mêmes ce qu'ils s'imaginent devenir dans 10 ou 20 ans (selon l'âge du public concerné). Les participant-e-s qui le souhaitent pourront partager leur vision en toute fin de cours, ceci à la fois pour leur permettre de mesurer le chemin parcouru au cours de cette introduction, et jeter un regard nouveau sur leur avenir formulée initialement.


Le cours entame ensuite une brève histoire de l'idée du futur dans la penséee occidentale.


J'aborde la "Discovery of the future" (Découverte du futur) de Lucian Hölscher (1999, 2016) qui soutient l'idée que le concept du futur tel que nous le connaissons aujourd'hui est né avec les Lumières et ses avancées techniques.


Suit un questionnaire basée sur les "Mythes du futur" de Boschetti et al. (24 à 42 questions, 30 à 45 min y compris les résultats et la discussion). Celui-ci nous familiarise avec les récits culturels ou les mythes qui sous-tendent la manière dont nous donnons du sens au futur



Future-modern phenomenon John Gast 1872.001

Slide pour Lucian Hölscher "Découverte du future"

Oeuvre de John Gast, “American Progress”, c. 1872

 


2. Introduction à la prospective moderne


La deuxième partie propose un aperçu historique de la prospective (Futures studies) en tant que discipline scientifique.


Nous nous familiarisons avec la distinction entre futur "probable" et "plausible", ou, dans les termes de la prospective, la prévision à l'aide de probabilités (forecasting) versus la prospective (Foresight), qui utilise typiquement l'élaboration de scénarios.


Ce tour d'horizon de la prospective moderne permet d'aborder les problématiques posées par les conceptions du futur issues de la pensée occidentale (déterminisme, rationalisme, linéarité, progrès, prophétie auto-réalisante...).




La représentation conventionnelle du futur par un cône des possibilités.

Illustration tirée du UNDP Foresight Manual (2018)

 


3. Les futurs possibles, "en devenir"


S'appuyant sur l'apercu de la prospective moderne, la troisième partie introduit une distinction essentielle entre d'une part le futur envisagé comme un but ou une cible à atteindre, et d'autre part le futur, ou plutôt les futurs, en tant que processus "en devenir".


Dans le premier modèle, il s'agit d'envisager un avenir en mode exploratoire (avenirs plausibles, probables) ou normatif (avenirs préférés), et de concevoir les moyens de réaliser son objectif. Ceci représente la conception occidentale conventionnelle du futur, illustrée par la prospective moderne, qui cherche essentiellement à prédire et anticiper le futur.


Dans le second modèle, il s'agit de se servir du futur ouvert (futurs possibles) pour découvrir d'autres façons de penser et d'agir ici et maintenant. Ici c'est le caractère spéculatif du futur, sans ambition de plausibilité, qui permet une analyse approfondie du potentiel du présent.


Cette dernière option est celle qui caractérise une nouvelle orientation prise par la prospective sous le nom de Discipline de l'Anticipation, dont l'une des méthodes les plus répandues est la Futures Literacy de l'UNESCO sous l'égide de Riel Miller.

Plus de détails sur cette méhode ci-dessous et ici.

 


Futures Literacy


Riel Miller, ancien responsable de la prospective à l'UNESCO et chercheur, a développé une méthode dont l'originalité est de dépasser les "limitations imposées par les valeurs et les attentes lorsqu'on pense à l'avenir". À cette fin, la méthode se concentre d'abord sur la tâche d'une "imagination rigoureuse", afin que les valeurs (futurs préférés) et la prévisibilité (futurs probables, plausibles) n'enferment pas a priori les futurs - comme c'est le plus souvent le cas dans la prospective et au-delà. Cette approche permet à son tour de découvrir d'autres façons de connaître et d'agir dans le présent.


Pour Miller, cette méthode permet de développer une capacité, qu'il nomme "Futures literacy" (compétence futur), soit une façon de prendre des décisions dans le présent en tenant compte des nombreuses possibilités inconnues pour l'avenir, ou, selon les termes de Miller, de "danser sur l'inconnu".


La "Futures literacy" est devenue une méthode promue par l'UNESCO pour améliorer notre capacité à penser à des futurs pluriels et à envisager des processus plutôt que des objectifs finaux (plus de détail sur cette méhode ici). La "Futures literacy" peut être reliée à la notion de sociétés d'apprentissage intensif (Intensive Learning Societies) et à ce que la théorie sociale a appelé les "mouvements de pratique" (The Commons, Buen Vivir, Ubuntu, Degrowth,...).



 

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